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Communiqué de presse


D'origine néo-zélandaise, Bill Culbert développe depuis les années 1960 un travail sur la lumière. De renommée internationale, après sa participation à la Biennale de Venise en 2013, il offre un projet ambitieux qui, pensé en deux étapes, cet été au château des Adhémar à Montélimar avec Light Levels, puis à Dôle à l'automne 2015, permettra de découvrir la richesse et la singularité de sa démarche. À Montélimar, il relève le défi de réinventer la perception du château médiéval au travers d'installations lumineuses qui en subliment l'architecture.

 







































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Considéré comme pionnier dans l'utilisation de la lumière électrique, Bill Culbert est avant tout un peintre. Ayant mesuré l'impossible appropriation de certains phénomènes optiques par la peinture, il a changé de médium, passant à l'utilisation du tube lumineux lorsqu'il s'est installé dans le sud de la France. Il utilise ce matériau associé à des objets trouvés issus du milieu domestique chinés dans des brocantes et vide-greniers du Vaucluse ou achetés d'occasion sur le web (meubles en formica chromé, cruches, abat-jours, verres à vin, etc.).

Bill Culbert explore les propriétés matérielles et immatérielles, physiques et spatiales d'une lumière désormais artificielle, parfois naturelle, en recourant peu ou prou aux innovations techniques. Au château des Adhémar, c'est la perception même de l'architecture qui s'en trouve bouleversée avec Light Levels, une exposition réfléchie autour d'un panel de propositions et d'associations inédites d'idées et d'objets. Parce que la lumière autorise la perception des formes et des limites, elle favorise une expérience sensorielle et perceptive à laquelle le spectateur est convié avec l'enjeu de basculer simultanément dans une aire contemplative et dans une attitude déroutante.

Dans la chapelle, Hut, made in Christchurch, une cabane aux formes minimales, convoque la culture traditionnelle maorie et l'histoire de l'architecture néo-zélandaise et celle propre de Bill Culbert. Christchurch est la ville secouée en 2010 et 2011 par des tremblements de terre dévastateurs qu'il a découverte en ruines. L'idée de geste créateur propre à la volonté de protection, de recherche d'abri, a été au cœur de sa réflexion. Suspendue aux poutres, Drop, une sculpture de tables et de chaises formica traversées de tubes lumineux, en pleine chute, semble stoppée en l'air. La sculpture murale Straits faite de bouteilles de lait récupérées à Christchurch, est aussi traversée d'un tube. Bill Culbert joue sur le visible/invisible avec ces objets occultants et éclairés de l'intérieur.

Dans la grande salle du logis, la composition monumentale Daylight Flotsam brille de tous ses feux, composée de 200 néons et d'une centaine d'objets de récupération. Telle une marée d'objets lumineuse et colorée qui se déverse au sol, les tubes fluorescents et les bouteilles éclatantes forment un paysage envoûtant, spectral, d'où jaillissent des lumières blanches. Rappel fait à l'écologie, aux objets qui polluent l'océan , Bill Culbert nous ramène à l'ère contemporaine du réchauffement climatique et à la fragilité de la planète. Daylight Flotsam, à travers son aspect formel, propose également a contrario une merveilleuse évocation de du moment où le soleil se lève, celui où la lumière inonde l'intérieur d'une pièce, et surtout celui où nos sens entrent en éveil.

Enfin, dans la loggia, Light stoppages, une série de portes en bois sur lesquelles siège un tube luminescent, s'intègre entre les ouvertures et matérialise littéralement des arrêts de lumière.

La démarche de Bill Culbert est rattachée aux années 1970, fortes de l'art cinétique, à Dada ou encore Schwitters. Elle s'inscrit aussi dans une proximité idéologique avec les ambitions d'artistes de la Nouvelle sculpture anglaise (David Mach, Tony Cragg, Bill Woodrow...) qui réutilisent des débris industriels pour accentuer un contexte économique surproducteur de biens et donc de déchets. Mais surtout, elle marque la volonté de casser les codes préétablis de l'art et surtout de la sacralisation de l'objet d'art. Bill Culbert suggère que l'oeuvre n'est plus le résultat de la virtualité, mais le fruit d'un concept, d'un choix, d'une attitude.


  Bill Culbert, Light Levels
  Château des Adhémar centre d’art, Montélimar

  08.07 - 05.10.2014

© ArtCatalyse / Marika Prévosto 2014. Tous droits réservés

Bill Culbert, Light Levels

Exposition du 8 juillet au 5 octobre 2014. Château des Adhémar Centre d'art contemporain, 24 rue du château – 26200 Montélimar. Tél. : +33 (0)4 75 00 62 30. Ouverture tous les jours de 10h à 12h30 et de 14h à 18h et en continu de 10h à 18h en juillet et août.